Et s’il fallait apprendre à apprendre ?

Nous avons la chance de vivre une époque où le savoir est à la portée de tout le monde et à tout moment. Pourtant, il semble que plane sur nous une sorte de dictat de la façon d’apprendre ainsi que de la valeur de celui-ci.

La plupart des organisations et des institutions ( écoles, universités, entreprises commerciales, corps professionnels) ont des réputations bien établies. Elles recrutent, ont des effectifs connus, des objectifs bien définis.

Car lorsque l’on fait carrière dans la politique, c’est parce que l’on ambitionne un poste ministériel. Lorsque l’on fait des études médicales, c’est pour exercer la médecine, ou l’enseigner, ou travailler dans un laboratoire de recherches.

Même si ce constat est d’une évidence implacable, il n’empêche que beaucoup de personnes qui s’engagent dans des voies d’apprentissage et qui évoluent durant le chemin, se retrouve bien déconcertées quand arrive le moment où ils découvrent enfin ce à quoi ils aspirent vraiment et culpabilisent d’avoir investi tant de temps et d’énergie dans un apprentissage qui s’avère ne plus convenir.

C’est effectivement déconcertant!

Une question émerge : « Comment atteindre la connaissance et les compétences nécessaires à un projet qui évolue sur plusieurs années en entrant dès le début dans une voie spécifique et limitante?

Il me semble qu’une réponse à cette question pourrait aider tous ceux qui croient à la valeur et à l’authenticité de la pensée et de l’activité d’apprentissage au vu du grand nombre d’hommes et de femmes qu’elles n’ont cessé de produire.

Pour exemple, Steve Jobs, qui a révolutionner le monde de l’informatique non pas grâce à ses études mais à une passion transmise par son père en électronique. Il y a eu aussi Albert Einstein qui ne s’adaptait pas du tout aux programmes scolaires. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir l’un des plus éminents chercheurs de notre siècle.

L’apprentissage ne serait-il pas une affaire personnelle?

Beaucoup de témoignage de diplômés en médecine, droit, ou autre avouent prendre la voie la plus simple pour sortir du cursus d’apprentissage non pas par passion du métier mais juste parce qu’il est temps de gagner leur vie. Car même si au départ, ils étaient motivés, en entrant dans la spécificité de leur métier et en ayant fait évoluer leurs aspirations, ils ont découvert que ce à quoi ils aspiraient au moment du choix ne correspond pas du tout à la réalité du terrain.

Un proverbe dit :  » Si rapide ou si expert sois-tu à la course, tu ne peux courir plus vite que tes jambes. »

L’enseignement général est sensé nous donner les bases afin de nous permettre de « choisir » un métier. Ensuite, il nous faut suivre ce cursus jusqu’au bout, sinon, il faut tout recommencer. Et même si des compétences et des connaissances auront été développées durant cette apprentissage, elles ne seront pas validées, ni reconnues.

Il n’y a que dans notre pays que « la multi-compétence » est mal vue. Elle donne une impression de manque de maîtrise. Alors qu’un diplôme spécifique, même s’il remonte à 30 ans en arrière continuera de confirmer le niveau de connaissance.

Une étude à prouver qu’un étudiant en médecine, gardera 30% de tout ce qu’il a appris car c’est ce qu’il utilisera dans sa pratique. Cela veut donc dire que 70% du savoir va disparaitre.

Cette charge d’apprentissage est-elle là pour maîtriser les 30% ou pour sélectionner les meilleurs? C’est une question qui mérite d’être poser.

Pour revenir à notre sujet « apprendre à apprendre » en sortant de ce constat déconcertant de notre contexte d’apprentissage, mettons l’accent sur celui qui comprend que le savoir est un apprentissage constant et quelle posture lui permettra d’avancer continuellement.

Vous aurez bien compris, qu’il y a une énorme différence entre assimiler des connaissances pour un diplôme ou autre et le fait d’apprendre.

Certains n’arrivent pas à apprendre car ils lisent sélectivement. Ce qui les touche, ce qu’ils aiment, ce qui les transporte : c’est ce dont ils se souviennent, et ils en veulent encore davantage, et plus fort.

Ce qu’ils veulent est souvent la dernière chose dont ils ont besoin. Leur attitude est déséquilibrée. Ils ont besoin d’équilibrer leur approche.

Il faut bien reconnaitre que des cultures qui s’emploient à mettre en valeur les aspects les plus grossiers, ceux qui exercent un attrait immédiat, à les présenter sous des formes séduisantes, et qui les avalisent et les alimentent, ont peu de chance de produire des hommes et des femmes qui aient de l’appétit pour autre chose que davantage de la même chose. Et ce comportement ne fait que perpétuer le type de personnalité et d’attitude face à l’apprentissage dont il découle au départ.

Si l’on vous donne un gâteau au chocolat décoré de fraises et que vous engloutissez toutes les fraises, parce que vous les aimez, et que vous vouliez ensuite savoir pourquoi vous n’avez pas manger le gâteau, quelle sorte de personne êtes-vous? Et si je vous le dis, me trouverez-vous sympathique?

C’est l’obstacle à surmonter. Pour le franchir il faut en observer les mécanismes, décider de le surmonter et se mettre à étudier de façon complète et approfondie, au lieu de faire semblant d’étudier pour s’étonner ensuite de n’avoir rien appris.

Il arrive souvent que des personnes qui lisent un livre, estiment avoir acquis les connaissances à l’intérieur.

La lecture ne change pas celui qui n’est pas prêt à changer.

« Vous avez vu la montagne, vous n’avez pas vu la mine dedans la montagne » Rumi

Ce n’est pas parce qu’un livre est accessible, serait-ce l’un des plus grands, que l’on peut ou que l’on devrait essayer d’en apprendre quelque chose, n’importe quand. Il y a souvent, derrière la montagne d’information une mine de savoir pas forcément accessible.

Vous est-il déjà arrivé de lire un livre et de le relire plusieurs années plus tard et découvrir des dimensions que vous n’aviez pas perçu?

L’apprentissage est un art qui évolue en permanence avec l’âge, la société .

Mais celui qui se met en quête d’apprendre a une grande responsabilité. Il y a un certain nombre de choses à faire par soi-même. Se familiariser avec le matériel d’étude qui est proposé.

Dans nos sociétés contemporaines, à de rares exceptions près, nous devons passer d’une moralité primitive à une moralité supérieure. La moralité primitive, c’est ce qui dit à l’enfant que l’honnêteté est essentielle pour obtenir le bonheur et la réussite. L’honnêteté est essentielle en tant qu’instrument. Ce n’est pas quelque chose dont il faut avoir le culte comme d’un idéal chargé émotion.

Nous ne sommes pas tous égaux face à l’apprentissage et ceci n’a rien à voir avec les capacités cérébrales mais à la disponibilité au moment de l’apprentissage. Nous le voyons sur beaucoup de jeunes qui quittent le système scolaire et reprennent quelques années plus tard le chemin de l’apprentissage et se révèlent brillants.

N’importe qui ou n’importe quoi peut vous empêcher d’accéder à la connaissance si vous n’êtes pas en état d’apprendre.

Les possibilités d’apprendre sont partout sur notre chemin. Elles sont à la fois dans les institutions et dans la vie de tous les jours.

Les organisations humaines peuvent prendre deux formes si on observe bien : Il y a celles qui ont été créées pour exprimer ou concrétiser les aspirations de leurs membres, et celles qui existent dans le but d’acquérir ou de fournir quelque chose qui répond à un besoin. Désirs et besoins sont choses différentes. C’est une question d’information. Celui qui sait ce dont il a besoin, saura aussi ne pas confondre désirs et besoins et se diriger vers un apprentissage adapté, qui lui sera bénéfique.

Etes-vous prêts à apprendre ?

En intégrant la dimension du travail, de la discipline et des rituels mais surtout de la connaissance de soi.

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